Comment créer micro entreprise

Créer une micro entreprise est gratuit et tient en une seule formalité, sur le Guichet unique de l’INPI (INPI, 2026). Vous déclarez votre activité, vous recevez un numéro Siret, vous facturez. Tout se joue pourtant avant la saisie : la catégorie retenue fixe vos seuils de chiffre d’affaires, votre taux de cotisations et votre régime de TVA.
L’essentiel à retenir en une minute
La connexion au Guichet unique se fait sans créer de compte, via FranceConnect (Urssaf auto-entrepreneur, fiche « Créer mon auto-entreprise », 2026). La formalité est gratuite pour les activités commerciales, artisanales et libérales ; seuls les agents commerciaux paient leur immatriculation (INPI, 2026).
| Point | Vente de marchandises | Prestation de services |
|---|---|---|
| Seuil de chiffre d’affaires (Urssaf, 2026) | 203 100 € | 83 600 € |
| Cotisations sociales (Urssaf, 2026) | 12,3 % | jusqu’à 25,6 % en libéral |
| Franchise en base de TVA (art. 293 B du CGI, 2026) | 85 000 €, majoré à 93 500 € | 37 500 €, majoré à 41 250 € |
| Compte bancaire dédié (loi PACTE, 2019) | à partir de 10 000 € sur deux années civiles consécutives | selon le même seuil |
Deux conséquences pratiques : le compte professionnel payant n’est pas obligatoire au démarrage, et les cotisations se calculent sur le chiffre d’affaires encaissé, de 12,3 % à 25,6 % selon la nature de l’activité (Urssaf, 2026).
Ce qui coince concrètement à la maison
Vous avez une idée, un coin de table et un téléphone. Le premier obstacle n’est pas administratif, il est de vocabulaire. Vous vendez des objets ou vous vendez votre temps ? Vente de marchandises et prestation de services ne relèvent ni des mêmes seuils ni des mêmes taux, et un cours particulier, une réparation à domicile et une revente de matériel se rangent dans trois colonnes différentes.

Vient ensuite l’adresse. Démarrez sans local ne dispense pas de déclarer un lieu d’exercice ni de passer par le centre de formalités compétent : le parcours est détaillé dans auto-entrepreneur sans local commercial, et mieux vaut le lire avant de remplir le formulaire que pendant.
Troisième obstacle, la tenue des comptes. La micro entreprise supporte une comptabilité allégée, pas l’absence de comptage. Vous devez pouvoir dire où en est votre chiffre d’affaires par rapport au seuil. Le réflexe est celui du budget familial, du suivi de l’argent de poche des enfants aux dépenses courantes : une ligne, une date, un montant.
La méthode, étape par étape
1. Tranchez la catégorie. Écrivez en une phrase ce que vous vendez, puis rangez cette phrase dans une colonne : marchandises, services ou libéral. Deux activités qui cohabitent demandent deux comptages séparés dès le premier jour.
2. Réunissez les pièces avant d’ouvrir le formulaire. Pièce d’identité, justificatif d’adresse, description de l’activité. Un formulaire ouvert trois fois de suite pour aller chercher un document finit par être recommencé.
3. Déclarez sur le Guichet unique de l’INPI. FranceConnect évite de créer un compte supplémentaire (Urssaf auto-entrepreneur, 2026). La formalité reste gratuite pour les activités commerciales, artisanales et libérales (INPI, 2026) : les sites qui facturent un accompagnement ne vendent pas l’inscription officielle.
4. Notez la date de votre déclaration. Elle sert de point de départ à vos obligations, et c’est la seule donnée que vous ne pourrez pas reconstituer plus tard.
5. Laissez la banque de côté dans un premier temps. Sous 10 000 euros de chiffre d’affaires sur deux années civiles consécutives, le compte dédié n’est pas exigé (loi PACTE, 2019).
6. Préparez votre modèle de facture une fois pour toutes. Coordonnées, client, détail de la prestation, montant. En franchise en base, la facture suit le régime de l’article 293 B du CGI (2026). Un modèle enregistré supprime la plupart des oublis.
7. Tenez un compteur de chiffre d’affaires mensuel. Une ligne par vente ou par mission, avec un cumul annuel visible. C’est ce compteur, pas votre mémoire, qui annonce le franchissement de seuil.
Ce qui ne marche pas, et pourquoi on le fait quand même
Créer une société dès le premier projet ne marche pas : les formalités, la comptabilité et les obligations sont plus lourdes, pour un chiffre d’affaires qui n’existe pas encore. On le fait quand même, par peur de faire amateur devant un client. La micro entreprise est un statut, pas un niveau de sérieux.
Attendre le premier client avant de déclarer ne marche pas non plus, puisque facturer sans numéro Siret vous place hors cadre. On attend quand même, parce que la déclaration impressionne. Le raisonnement se retourne : l’inscription est gratuite, déclarez d’abord.
Miser sur de petits revenus annexes pour financer le lancement ne marche pas. Le cashback et les bons plans arrondissent un budget, ils ne remplacent pas une activité et n’entrent pas dans les seuils de la micro entreprise.
Les erreurs à éviter
La confusion des catégories arrive en tête. Une revente d’objets déclarée en prestation de services place votre seuil à 83 600 euros au lieu de 203 100 euros (Urssaf, 2026). La correction reste possible, la régularisation est désagréable.
La deuxième erreur est de croire que la franchise de TVA est un acquis définitif. Elle repose sur des seuils précis, 85 000 euros pour les ventes et 37 500 euros pour les services, majorés à 93 500 et 41 250 euros (article 293 B du CGI, 2026) : franchir le seuil majoré change votre régime.
La troisième est de s’installer en libéral sans regarder le taux de cotisations. Entre 12,3 % et 25,6 %, l’écart se mesure en centaines d’euros chaque mois (Urssaf, 2026). Il doit entrer dans votre prix de vente, pas vous surprendre après.
La quatrième est de ne pas suivre son chiffre d’affaires en cours d’année. Un dépassement se découvre en général à la déclaration, alors qu’un compteur à jour l’aurait montré dès le mois concerné.
FAQ
Est-ce que créer une micro entreprise est gratuit ?
Oui. La formalité sur le Guichet unique de l’INPI est gratuite pour les activités commerciales, artisanales et libérales ; seuls les agents commerciaux paient leur immatriculation (INPI, 2026). Méfiez-vous des sites intermédiaires qui facturent un accompagnement : la déclaration officielle ne coûte rien.
Quel chiffre d’affaires maximum en micro entreprise en 2026 ?
Les seuils sont de 203 100 euros pour la vente de marchandises et 83 600 euros pour les prestations de services (Urssaf, 2026). Deux activités dans la même entreprise demandent deux comptages séparés, chaque catégorie gardant son plafond. Au-delà, le régime change et la sortie se prépare.
Faut-il un compte bancaire professionnel ?
Pas au démarrage. Il devient obligatoire à partir de 10 000 euros de chiffre d’affaires sur deux années civiles consécutives (loi PACTE, 2019). En dessous, un compte dédié à votre gestion suffit, sans offre professionnelle payante. Surveillez le seuil, il arrive plus vite qu’on ne le croit.
Combien de cotisations sociales en micro entreprise ?
Le taux dépend de l’activité : 12,3 % pour la vente de marchandises, jusqu’à 25,6 % pour les activités libérales relevant du régime général (Urssaf, 2026). Ces cotisations se calculent sur le chiffre d’affaires encaissé et non sur un bénéfice estimé, ce qui simplifie le calcul mais impose de suivre les encaissements.
Ce qu’il vous reste à faire
Vous savez maintenant que créer une micro entreprise tient en une formalité gratuite, que tout se décide dans la catégorie choisie, et que trois chiffres commandent la suite : 203 100 euros ou 83 600 euros de seuil selon ce que vous vendez, 10 000 euros pour le compte bancaire dédié, et 85 000 ou 37 500 euros de franchise de TVA, majorés.
Une seule chose à faire aujourd’hui : écrivez en une phrase ce que vous vendez, rangez-la dans sa colonne, puis ouvrez le Guichet unique via FranceConnect pour vérifier les pièces demandées. Votre situation exacte reste à confirmer auprès de l’Urssaf, parce que les taux dépendent de la nature réelle de l’activité et évoluent chaque année.


