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Boulot16 octobre 2026

Plafond micro entreprise : augmentation plafond micro entreprise

Plafond micro entreprise : augmentation plafond micro entreprise

Le plafond micro entreprise en vigueur en 2026 est de 203 100 € pour la vente de marchandises et de 83 600 € pour les prestations de services (Urssaf, 2026). Ces montants ne se confondent pas avec les seuils de TVA, nettement plus bas, et c’est cette confusion qui coûte le plus cher. Voici les chiffres à retenir, comment savoir où vous en êtes, et ce qui se déclenche quand vous approchez de la limite.

L’essentiel à retenir en une minute

Le régime micro fonctionne avec deux séries de seuils : ceux du régime lui-même, et ceux de la franchise en base de TVA. Dépasser les premiers ne vous fait pas sortir du régime immédiatement. Dépasser les seconds vous rend redevable de la TVA dès le premier jour du mois de dépassement.

Type d’activitéSeuil de chiffre d’affaires 2026Cotisations sociales
Vente de marchandises203 100 €12,3 %
Prestations de services83 600 €jusqu’à 25,6 % pour les activités libérales relevant du régime général
Type d’activitéSeuil de franchise en base de TVASeuil majoré
Vente de marchandises85 000 €93 500 €
Prestations de services37 500 €41 250 €

Les seuils du régime micro et les taux de cotisations viennent de l’Urssaf (2026), les seuils de TVA de l’article 293 B du CGI. Un indépendant qui facture 60 000 € de prestations reste sous le plafond micro tout en ayant quitté la franchise de TVA depuis longtemps.

Ce qui coince concrètement quand on approche du plafond

Le problème se voit rarement en janvier. Il apparaît en novembre, quand le compteur est presque plein et qu’un devis important se présente.

Un graphiste encaisse 78 000 € de prestations en dix mois. Il lui reste 5 600 € de marge sous le plafond, mais il a franchi le seuil de TVA depuis 40 500 €, et il n’a pas facturé la TVA sur ses trois derniers devis. La régularisation tombe d’un coup.

Deuxième cas, plus courant encore : cumuler plusieurs activités. Un indépendant qui vend des prestations et des marchandises sous plusieurs casquettes doit surveiller chaque seuil séparément, pas un total global. Additionner les deux chiffres d’affaires est une erreur de lecture qui fait croire à un dépassement qui n’existe pas, ou l’inverse.

Dans les deux cas, le problème n’est pas le dépassement lui-même, mais le fait de le découvrir trop tard. Un suivi tenu à jour transforme une régularisation subie en une décision prise.

La méthode, étape par étape

  1. Comptez le bon chiffre. Le régime micro raisonne sur le chiffre d’affaires encaissé, pas sur les factures émises ni sur le bénéfice. Une facture de décembre payée en janvier compte sur l’année du paiement.
  2. Suivez deux compteurs séparés. Le seuil du régime micro et le seuil de TVA se calculent indépendamment. Notez les deux dans votre tableau de suivi, avec la date de chaque encaissement.
  3. Anticipez le dépassement. Un franchissement isolé du seuil du régime micro se traite, mais deux années civiles consécutives au-dessus entraînent la sortie du régime micro. Le calcul se prépare un an à l’avance, pas en décembre.
  4. Vérifiez vos droits à l’Acre. L’exonération vaut 25 % des cotisations maladie, maternité, allocations familiales, retraite de base et invalidité-décès quand les revenus ne dépassent pas 36 045 €, soit 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (Urssaf, 2026).
  5. Créez proprement. La création d’une micro entreprise est gratuite et passe par le guichet unique de l’INPI ; seuls les agents commerciaux paient leur immatriculation (INPI, 2026). Pour la démarche complète, le déroulé est détaillé dans ce guide pour créer sa micro entreprise.
  6. Contrôlez la TVA en dernier. Tant que vous restez sous 85 000 € pour les ventes et 37 500 € pour les services, vous facturez en franchise et portez la mention prévue à l’article 293 B du code général des impôts. Au-delà du seuil majoré, la TVA s’applique sans délai.

Ce qui ne marche pas, et pourquoi on le fait quand même

Quatre croyances circulent chez les indépendants. Aucune ne résiste au contrôle.

Décaler une facture de fin d’année pour rester sous le plafond. Le compteur suit l’encaissement. Repousser la facture ne change rien si le paiement arrive en janvier, et cela déplace simplement votre année de référence.

Croire que le plafond micro et le seuil de TVA sont le même chiffre. Ils diffèrent de plus de 100 000 € sur la vente de marchandises et de 46 000 € sur les services. Un indépendant peut être parfaitement dans les clous côté régime micro et hors franchise de TVA depuis des mois.

Penser qu’un dépassement ponctuel fait tout basculer. Le franchissement isolé n’entraîne pas la sortie du régime, c’est la répétition sur deux années consécutives qui la déclenche.

Ouvrir un compte professionnel payant dès le premier jour pour « faire sérieux ». Le compte dédié n’est obligatoire qu’à partir de 10 000 € de chiffre d’affaires sur deux années civiles consécutives (loi PACTE, 2019). Ce que les tiers regardent, c’est une facturation propre, pas la banque où elle est encaissée.

Pourquoi ces habitudes persistent : le seuil du régime micro est celui dont on parle partout, et il rassure. Le seuil de TVA est celui qui déclenche une charge réelle, et personne n’a envie d’en parler en janvier.

Les erreurs à éviter

  1. Confondre chiffre d’affaires et bénéfice. Un micro-entrepreneur qui facture 80 000 € de services en travaux est au-dessus du plafond, même si son bénéfice est de 15 000 €.
  2. Suivre un seul compteur. Le seuil du régime et celui de la TVA se surveillent ensemble.
  3. Additionner toutes les activités contre un seul plafond. Chaque activité se suit avec son propre seuil.
  4. Oublier de déclarer une période à zéro. La déclaration reste due même sans chiffre d’affaires.
  5. Attendre janvier pour faire le calcul. Un dépassement se voit en septembre si le suivi est mensuel, et se subit en décembre s’il est annuel.
  6. Négliger les formalités d’adresse. Certaines démarches restent à faire après la création, comme se déclarer sans local dédié, et elles se traitent au même guichet.

FAQ

Quel est le chiffre d’affaires à ne pas dépasser en micro entreprise en 2026 ?

203 100 € pour la vente de marchandises et 83 600 € pour les prestations de services (Urssaf, 2026). Ces seuils distinguent le régime micro du régime réel. À ne pas confondre avec les seuils de franchise en base de TVA, fixés à 85 000 € pour les ventes et 37 500 € pour les services, majorés à 93 500 € et 41 250 € (article 293 B du CGI, 2026).

Que se passe-t-il si je dépasse le plafond micro entreprise ?

Un dépassement isolé n’entraîne pas la sortie du régime. C’est le franchissement répété sur deux années civiles consécutives qui fait basculer l’activité vers le régime réel, avec une comptabilité complète et des cotisations calculées sur le bénéfice. Le calcul exact se vérifie sur le simulateur officiel avant toute décision.

Les seuils du plafond micro entreprise augmentent-ils chaque année ?

Les seuils sont fixés par voie réglementaire et réévalués périodiquement, ce qui explique qu’un montant retenu il y a trois ans ne soit plus à jour. Avant de calculer votre marge, prenez le seuil de l’année en cours sur le site de l’Urssaf ou sur le portail officiel des impôts.

Le dépassement du plafond supprime-t-il l’Acre ?

Non, les deux plafonds sont distincts. L’Acre exonère 25 % des cotisations maladie, maternité, allocations familiales, retraite de base et invalidité-décès tant que les revenus ne dépassent pas 36 045 €, soit 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (Urssaf, 2026). C’est une limite de revenus, pas de chiffre d’affaires.

Vous savez maintenant quels montants surveiller, qu’ils ne se confondent pas avec ceux de la TVA, et comment anticiper un dépassement avant qu’il ne se décide à votre place. Le prochain pas tient en une ligne : ouvrez votre outil de suivi, notez les deux seuils de votre activité, et mettez à jour la ligne à chaque encaissement.

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